Plumbum metallicum
par James Tyler Kent — Leçons de matière médicale homéopathique
Plumbum Metallicum - LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE par JAMES TYLER KENT, A.M., M.D.
LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE
Ancien Professeur de Matière Médicale au
Hering College, Chicago.
Plumbum Metallicum
Cette substance illustre une doctrine de
Hahnemann
: la doctrine
de l'atténuation.
Généralités
:
Quand on pense à l'insolubilité du plomb, puis qu'on le considère étendu sur le mur d'une chambre, puis qu'on se rappelle combien de personnes tombent malades pour avoir dormi dans une pièce nouvellement peinte, on se demande alors quelle quantité de plomb il a fallu pour les rendre malades.
Beaucoup de malades ne peuvent pas dormir dans une chambre nouvellement peinte; ils sont pris de colique saturnine ou des affections aiguës du plomb. Beaucoup de personnes sont sensibles au plomb. Cette sensibilité est plus marquée qu'on ne l'observe chez les peintres, qui peuvent en user pendant des années avec impunité, puis tout à coup y devenir susceptibles.
On se demande quelle quantité il absorbe, dégagée dans l'air. Elle est trop atténuée pour être examinée au microscope, et pourtant suffisante pour le rendre malade.
Nous n'avons aucune mesure qui nous permette de savoir quelle quantité il absorbe. Nous utilisons une telle susceptibilité, la paralysie saturnine des ouvriers du plomb, la colique saturnine des peintres; ces faits s'ajoutent à la pathogénésie proprement dite et donnent une image complète de
Plumbum
.
État paralytique général
:
Si nous étudions toute la symptomatologie de
Plumbum
, nous serons frappés par l'état paralytique général
propre à ce remède.
Les activités du corps, les fonctions des organes, sont ralenties dans leur rythme. Les nerfs ne transmettent pas leurs messages avec leur activité habituelle. Les muscles sont lents à agir, inertes. Il y a d'abord parésie, puis finalement paralysie, d'abord de certaines parties, puis finalement de l'ensemble.
Le psychisme est atteint, ralenti. La perception est lente. Il mémorise difficilement. La compréhension est difficile. Il ne retrouve pas les mots pour s'exprimer. Les opérations de l'esprit sont lentes. En conversant avec un tel malade, on se demande à quoi il pense pendant qu'il se décide à répondre.
Il y a aussi de la lenteur dans la peau. Vous pouvez le piquer et, une seconde plus tard, il dit : "Oh", montrant la lenteur de la sensibilité. On s'attendrait à ce qu'il sente la piqûre instantanément. Au moment où l'on commence à conclure qu'il ne sent rien du tout, son membre a un sursaut.
Anesthésie de la peau. Il existe un état d'hyperesthésie dans les affections aiguës, mais les affections chroniques sont caractérisées par la perte de sensation. Engourdissement des doigts et des orteils, des plantes et des paumes, et cela s'étend à la peau, en direction du rachis.
Les fonctions trophiques sont lentes en ce qu'elles ne compensent pas les déperditions, et ainsi nous voyons l'amaigrissement jusqu'à ce que le malade devienne presque un squelette. La peau est ridée, froncée, ratatinée et tendue sur les os. L'amaigrissement est parfois local.
Lorsqu'il est local, il est généralement lié à une partie douloureuse; la partie douloureuse se flétrit. Douleurs le long du nerf sciatique; brûlantes, lancinantes; comme si l'os était arraché de sa place; comme si on le raclait, et le membre s'amaigrit. Douleur descendant dans le bras, dans l'épaule; douleurs violentes dans le plexus brachial, et le bras se flétrit.
Névralgie d'un côté du visage, et ce côté se flétrit. Paralysie de muscles isolés, et ces muscles se flétrissent. Il y a paralysie des extenseurs comme des fléchisseurs, mais surtout des extenseurs. La paralysie commence dans les extenseurs, d'où la main tombante. Il ne peut rien soulever ni lever avec la main. L'extension est difficile. Cela s'observe chez les pianistes; ils ne peuvent pas lever les doigts assez rapidement pour suivre la cadence, tandis que la flexion reste bonne.
Curare
est un autre remède qui correspond à cet état chez les pianistes; une paralysie par surmenage des muscles extenseurs.
Lorsque les muscles deviennent fatigués à force de jouer des exercices fixes, des gammes, etc., pendant des heures, quand l'exécutant doit faire la même chose encore et encore,
Rhus
intervient, mais c'est un remède aigu
et il ne tient que peu de temps.
C'est surtout un état de
Rhus
quand certains muscles deviennent surmenés et que le malade prend froid, puis qu'une asthénie s'installe; après un bain froid ou une immersion, les muscles deviennent parétiques; être mouillé lorsqu'on est fatigué amène l'état de
Rhus
.
Pour l'état chronique qui suit,
Plumbum
et parfois
Curare
seront indiqués.
Parésie des intestins; obstipation; ne peut pousser à la selle. Le malade peut utiliser les muscles abdominaux, mais le rectum est dans un état de parésie et il ne peut expulser les matières fécales.
La vessie est également parétique; il ne peut expulser l'urine, les muscles ne coopèrent pas pour uriner et il y a rétention. Plumbum présente à la fois rétention et suppression d'urine.
Les paralysies se rencontrent dans l'état chronique. Dans l'aigu, nous avons la fièvre, la colique, l'obstipation subite; des douleurs déchirantes dans les intestins; une dyspepsie avec vomissements. Tout ce qui est ingéré tourne à l'aigre.
Vomissements violents de tout ce qui est ingéré. Catarrhe chronique de l'estomac avec vomissement de mucus albumineux et de matière doucâtre. Vomissement de matières stercorales, de sang noirâtre et de liquide verdâtre. Éructations acides.
Le remède est lent et insidieux; il agit continuellement; il ne quitte pas l'économie, mais s'y accroche et établit un miasme qui lui est propre. Il convient donc aux cas chroniques lents et insidieux, sans tendance à la guérison. Atrophie musculaire progressive; paralysie progressive. Obstipation chronique; rétention chronique d'urine; défaillance chronique de l'esprit.
Outre la lenteur de l'esprit, qui est un général, le remède est rempli de mélancolie, de tristesse, du sentiment qu'il va arriver quelque chose de terrible; qu'elle a péché au point de perdre le jour de grâce; qu'elle a commis le péché impardonnable. Le corps et l'esprit sont faibles.
"Mélancolie profonde avec timidité et impatience,"
Dans l'état mental, bien qu'il soit lent à penser, pourtant, dans cette pensée lente, il pense beaucoup; il fait effort pour penser. Ses pensées le tourmentent toute la nuit et empêchent le sommeil. Insomnie; insomniaque par l'effort continuel de penser.
L'esprit ne fonctionne pas, et pourtant le malade est plein d'imaginations et d'émotions. Incapacité à comprendre et à se souvenir. Puis cela progresse de périodes d'insomnie à des périodes de coma, et ce coma est lié à la suppression d'urine.
Coma urémique. Urémie. Cela se fixera peut-être mieux dans votre esprit si je vous en dis quelque chose au point de vue clinique. Il y a quelques années, un médecin vint me voir au sujet de sa femme. Elle était inconsciente depuis deux jours et n'avait rendu aucune urine depuis plusieurs jours, et le cathéter montra qu'il n'y en avait pas dans la vessie. Elle présentait tout un ensemble de symptômes, mais c'étaient des symptômes communs.
Depuis quelques jours déjà, elle présentait cette lenteur et se plaignait d'une sensation de traction continuelle au niveau de l'ombilic, comme si une ficelle le tirait en arrière vers la colonne vertébrale; puis le coma survint. Au milieu de la nuit, ce médecin vint me trouver dans une grande détresse. Il dit qu'elle était pâle comme la mort et respirait lentement. Une seule poudre de
Plumbum
à haute dynamisation fut donnée, et elle rendit de l'urine en quelques heures, revint à elle et n'eut plus jamais de semblable attaque.
Palpitations spasmodiques violentes du cœur, pires en étant couché sur le côté gauche, avec angoisse marquée dans la région cardiaque. Hypertrophie et dilatation du cœur. Douleur en piqûre dans le cœur.
Diathèse hystérique; contractures hystériques; crampes des doigts; mouvements hystériques; convulsions de certaines parties, des mains, des pieds, du corps entier; état délirant apparent; douleurs cardiaques; engourdissement de certaines parties, tous phénomènes hystériques.
Plumbum
produit une
inclination à tromper, à tricher. L'
Acétate
de
plomb
produisit
chez une femme, qui en prit un peu pour se suicider, un état hystérique confirmé. Elle restait dans un état hystérique pendant des heures quand quelqu'un la regardait. Quand elle pensait que personne n'était près d'elle, elle se levait, marchait çà et là, se regardait dans la glace pour voir comme elle était belle; mais quand elle entendait un pas dans l'escalier, elle se recouchait sur le lit et paraissait être inconsciente.
Elle supportait bien des piqûres et l'on pouvait à peine voir qu'elle respirait.
Plumbum
établit dans l'économie un état hystérique; une inclination à tromper, à feindre la maladie; à exagérer ses maux; et il va à la racine du mal, pourvu que les symptômes concordent.
Variable; changeant continuellement d'une chose à une autre, d'un groupe d'imaginations à un autre, d'un groupe d'émotions à un autre. Tout le remède est intensément émotif. Bien que l'intellect soit ralenti, la plupart des symptômes sont pourtant émotionnels.
Plumbum
guérit des affections rénales avec albumine et sucre dans les urines. L'urine est foncée, peu abondante et d'une densité spécifique élevée. Rétention d'urine par absence de sensation que la vessie est pleine.
Apoplexie. État stuporeux, lorsque
Opium
est suffisamment semblable pour enlever la congestion encéphalique qui entoure toujours le caillot apoplectique,
Plumbum
peut suivre.
Plumbum,
Phosphorus
et
Alumina
sont trois remèdes capitaux.
Ils correspondent souvent aux symptômes lorsque le premier état a été de type
Opium
.
La paralysie des
muscles, la faiblesse paralytique d'un côté du corps, ou de parties isolées du corps, montrent son rapport avec de tels cas.
Il existe encore un autre trait concernant la partie supérieure du corps, la tête et l'esprit, qui n'est pas clair dans les livres et qui mérite votre attention. Les symptômes mentaux, les symptômes émotionnels et les symptômes de la tête sont considérablement aggravés par tout effort, surtout par l'effort en plein air.
En marchant en plein air, le malade devient chaud à la tête, pâle du visage, et froid aux extrémités, mains et pieds froids comme glace, comme morts; et s'il poursuit l'effort, le visage devient franchement cadavérique. Certaines personnes ne peuvent faire de l'exercice et le poursuivre sans avoir les extrémités froides.
Cerveau irritable; douleur à la base du cerveau, à la nuque, dans les centres nerveux. Extrémités froides par l'effort; pourtant il peut fournir un effort mental important sans devenir froid. C'est l'effort physique, tel que marcher en plein air, qui produit cela. Douleurs paroxystiques dans les membres, le soir et la nuit; améliorées par la pression et aggravées par le mouvement. Douleurs fulgurantes. Secousses et tremblements de tous les membres.
Le malade de Plumbum est froid et amaigri, il a besoin de beaucoup de vêtements même par temps chaud, non autour de la tête, mais sur le corps. Extrémités froides, bleues, engourdies et amaigries. Sueur aux extrémités, et aux pieds elle est fétide. Pieds et orteils flétris comme les mains d'une laveuse. Orteils couverts de vésicules; vésicules entre les orteils, cuisantes. Ulcérations. Mort moléculaire et même gangrène de la peau des doigts et des orteils. Durillons aux pieds, cors et oignons.
Avec l'affection chronique de la tête, il y a contraction des muscles du dos et de la nuque; tiraillements et secousses indiquant des troubles méningés; secousses spasmodiques.
"Gonflement des glandes sous-maxillaires et sublinguales."
Convulsions souvent semblables au tétanos, avec trismus.
"Ligne bleue nette le long des bords des gencives."
"Gencives pâles, tuméfiées, présentant une ligne couleur de plomb; bleue, pourpre ou brune; douloureuses avec tubercules durs."
"Langue sèche, brune, crevassée; enduite de jaune ou de vert; sèche, rouge, vernissée dans la gastrite chronique."
Haleine fétide, sécheresse de la bouche, ulcération, aphtes.
"Sensation d'une boule dans la gorge; globus hystericus."
"Paralysie de la gorge et impossibilité d'avaler," paralysie de l'œsophage.
L'estomac n'a plus la capacité de digérer les aliments. L'assimilation est également détruite. Douleurs dans l'abdomen, déchirantes, comme dans la colique, pliant le malade en deux. Sensation constante de tiraillement à l'ombilic comme par une ficelle; comme si l'abdomen était attiré en dedans. Par moments, l'abdomen devient effectivement concave, comme si l'abdomen et le dos étaient trop rapprochés l'un de l'autre.
L'obstipation est un trait commun et bien connu. L'obstipation, la colique et les symptômes abdominaux sont communément associés.
"Selles d'obstipation, dures, grumeleuses comme des crottes de mouton; avec besoin pressant et douleur terrible par constriction ou spasmes de l'anus; matières fécales noueuses en forme de boules."
Quel que soit l'effort expulsif, il ne peut évacuer la selle.
"Constriction des intestins; ombilic et anus violemment rétractés."
"Douleur excessive dans l'abdomen irradiant de là à toutes les parties du corps."
"Colique sévère; abdomen contracté; se cambre en arrière, les nerfs moteurs étant les plus atteints."
Borborygmes et flatulence. Fécalome. Vaginisme en rapport avec l'action spasmodique.
"Inclination à prendre au lit des attitudes et des positions bizarres."
"Anémie, chlorose, amaigrissement, atrophie musculaire, douleurs erratiques, gonflements œdémateux, peau jaune, ictère."
La sensation brûlante des ulcérations se retrouve partout dans ce remède.
Copyright © Robert
Séror 2000
Mise en page Copyright © Sylvain Cazalet 2000