Aconitum Ferox
par Timothy F. Allen — Encyclopédie de la matière médicale pure
ACONITUM FEROX. - L'ENCYCLOPÉDIE DE LA PURE MATIÈRE MÉDICALE Par TIMOTHY F. ALLEN, A.M., M.D.
ACONITUM FEROX.
A. ferox, Wall. (A. virosum, Don.)
Ordre nat.
,
Ranunculacées. (L'espèce la plus toxique connue; des montagnes de l'Himalaya.)
Noms communs
(indien), Bisch, ou Bikh, Ativisha.
Préparation
, Teinture de la racine.
Autorité.
Dworzak, dans Schroff (Reil and Hoppe Journ.) prit
0,01 gramme de l'extrait en une seule dose.
ESPRIT.
►
Esprit très actif;
succession rapide des idées (au bout de six heures).
►
Il parlait
continuellement, se rappelait facilement les plus minces circonstances de son expérience antérieure, les comparait
à la présente, et en tirait aisément des conclusions (au bout de six heures).
►
Dans les intervalles de soulagement des symptômes pénibles, il
riait et plaisantait de son état très comique; mais lorsque la dyspnée, l'angoisse, etc.,
réapparaissaient, il semblait ne pouvoir les supporter et maudissait cordialement l'Aconit et la Toxicologie en
général (de quatre à six heures).
►
Était incapable de tout
travail mental, même de l'addition la plus simple (deuxième jour).
►
La compréhension et l'entendement étaient confus (deuxième jour).
►
Angoisse (au bout de quatre heures).
TÊTE.
►
État confusionnel de la tête
(au bout de quatre-vingts minutes).
►
En se levant, à 6 h 30,
vertige (deuxième jour).
ŒIL.
►
Pupilles dilatées,
paresseuses à la lumière (au bout de six heures).
FACE.
[10.]
►
Les joues semblaient comme cotonneuses (au bout de quarante minutes).
►
Fourmillements gênants, surtout au visage (au bout de quatre-vingts
minutes).
BOUCHE.
►
Fourmillements sur
la face supérieure de la langue, gagnant graduellement toute la bouche (au bout de quarante minutes).
►
La langue presque insensible; elle semble comme un morceau de cuir brut
dans la bouche (au bout de six heures).
►
Langue couverte
d'un enduit épais, blanc jaunâtre (deuxième jour).
►
Violente
brûlure dans la bouche
(au bout de deux minutes).
►
Brûlure dans la bouche et la gorge, augmentée par les aliments (deuxième jour).
►
Buvait souvent de l'eau froide pour calmer la brûlure de la bouche et du gosier (au bout de cinq minutes).
►
La bouche semblait cotonneuse (au bout de quarante minutes).
►
Ptyalisme (au bout de cinq minutes).
[20.]
►
Goût fade, pâteux (deuxième jour).
GORGE.
►
Violente
brûlure du pharynx
(au bout de deux minutes).
►
Brûlure dans la gorge et la bouche (de deux à quatre heures).
►
Buvait souvent de l'eau froide pour calmer la brûlure du gosier et de la bouche (au bout de cinq minutes).
►
Sensation de constriction de la gorge (au bout de quatre heures).
ESTOMAC.
►
Très peu d'
appétit (deuxième jour).
►
Éructations fréquentes (au bout de quatre-vingts
minutes).
►
Nausées passagères (troisième jour).
►
Nausées, éructations (impossibilité de vomir) (au bout de quatre heures).
►
Par moments, nausées et envie de vomir (au bout de quatre-vingts
minutes).
[30.]
►
Après le déjeuner, nausées, pression à l'estomac, avec douleur (deuxième jour).
►
Sensation de chaleur dans l'estomac (au bout de deux minutes).
►
Violente douleur tiraillante dans la région de l'estomac et les régions sacrées, qui s'étend bientôt à tout
l'abdomen; à la pression sur la région épigastrique, la douleur augmente (troisième et quatrième
jours).
►
Pression dans l'estomac après avoir mangé (du quatrième au huitième
jour).
►
À la pression sur l'estomac, douleur pressive interne,
obtuse (du quatrième au huitième jour).
ABDOMEN.
►
Borborygmes dans
les intestins (au bout de cinq minutes).
►
Gargouillements constants dans les intestins
(au bout de quatre heures).
SELLES ET ANUS.
►
Deux
selles semi-aqueuses, foncées, peu abondantes (deuxième jour).
ORGANES URINAIRES.
►
Évacuation
abondante d'urine toutes les quinze à trente minutes; en douze heures, plus de cinq quarts
d'urine, et seulement deux quarts bus (au bout de quarante minutes).
►
Mictions fréquentes et abondantes (au bout de sept heures).
[40.]
►
Urine jaune paille pendant huit heures, puis devint foncée
(au bout de quarante minutes).
APPAREIL RESPIRATOIRE.
►
Dyspnée.
►
Oppression respiratoire (au bout de quatre heures).
►
La dyspnée augmenta à un tel degré qu'il fut contraint de
respirer à demi assis, la tête reposant sur les paumes des mains (au bout de six heures).
►
L'angoisse augmenta à un haut degré; il craignait continuellement
de suffoquer par paralysie des muscles respiratoires (au bout de six heures).
►
Respiration accélérée (au bout de six heures).
CŒUR ET POULS.
►
Pouls
ralenti de 11 battements (74), (au bout de cinq minutes).
►
Pouls petit,
faible, 60 (de deux à quatre heures).
►
Pouls faible et petit
(au bout de six heures).
►
Pouls à 70, petit et faible (deuxième jour).
EXTRÉMITÉS EN GÉNÉRAL.
[50.]
►
Faiblesse et tremblement des extrémités (au bout de quatre-vingts
minutes).
MEMBRES INFÉRIEURS.
►
Marche difficile et incertaine, fatigante (au bout de quatre-vingts minutes).
►
Démarche chancelante; pas régulier, mais sans force (deuxième jour).
►
Faiblesse notable des membres inférieurs, surtout du droit (troisième jour).
GÉNÉRALITÉS.
►
Sensation générale
de malaise (au bout de quatre-vingts minutes).
► Fourmillements
,
s'étendant à tout le corps, mais n'affectant que très légèrement, ou pas du tout, les parties qui avaient été
froides; aggravés, ou provoqués, par le changement de température et le mouvement. De 7 heures à 7 h 30 du soir, cette
sensation pénible, passant d'un nerf à l'autre, atteignit sa plus grande intensité;
elle provoquait une agitation douloureuse, de sorte qu'il lui était impossible de rester couché tranquillement plus de quelques minutes;
changeait continuellement de position; essayait de se lever, mais quelques pas suffisaient à manifester
une faiblesse et une prostration marquées, avec vertige, obscurcissement devant les yeux, tremblement de tout le
corps, envie de vomir; calmées immédiatement en se recouchant (de deux à quatre heures).
►
Sensation comme d'engourdissement; en touchant les objets, il semblait
comme s'il avait des gants; en pinçant la joue, pas de douleur (au bout de six heures).
►
Le tact fut toute la journée émoussé, comme à travers des gants; et il lui semblait
marcher sur des tapis de laine (deuxième, troisième et quatrième jours).
►
Faiblesse très grande (au bout de quatre heures).
►
Très faible, même au
lit (au bout de quatre heures).
[60.]
►
Faiblesse (cinquième jour).
►
La lassitude et l'épuisement l'assaillirent brusquement
(deuxième jour).
►
Prostration à la suite de la
nuit sans sommeil (cinquième jour).
►
Faiblesse, angoisse,
dyspnée, agitation et excitation augmentaient, avec des intervalles de soulagement (au bout de quatre heures).
FIÈVRE.
►
Sensation de froid
(au bout de quatre-vingts minutes).
► Froid glacé du corps
,
surtout des extrémités, persistant pendant plusieurs heures; il était enveloppé dans sa robe de chambre et
de couvertures doublées, avec trois traversins de plumes, et la chambre tenue très chaude, sans effet (au bout
de quatre heures).
►
Température objectivement et subjectivement
abaissée; il resta une heure et demie près du poêle chaud (deuxième jour).
►
Si fatigué qu'il dut se mettre au lit et se faire bien couvrir, parce que la peau était froide objectivement
et subjectivement (au bout de quatre-vingts minutes).
►
Désir de se
réchauffer; il se leva du lit et fit en titubant six pas jusqu'au poêle; il demeura quelques minutes près du
poêle (à demi assis, à demi couché, la tête soutenue); la chaleur produisit une sensation agréable, mais il
survint vertige, scintillement, tremblement des membres, oppression et nausées, de sorte qu'il dut retourner
au lit, ce qui calma ces derniers symptômes (au bout de quatre heures).
►
Il ne pouvait se défaire de l'idée que la chaleur lui
ferait du bien; il alla de nouveau au poêle, avec le même résultat que précédemment; en essayant
une troisième fois, il ne put se tenir debout (au bout de quatre heures).
[70.]
►
Désir de chaleur; ne pouvant quitter le lit, il se fit
appliquer des coussins chauffés sur la poitrine et l'abdomen, et resta aussi tranquille que possible (de quatre à
six heures).
►
Peau froide (deuxième jour).
►
Peau froide, sèche, bruissante (température de la chambre très élevée) (de
deux à quatre heures).
► Calor mordax
au front,
à la poitrine et aux mains, avec sensation comme si de nombreux fils incandescents lui étaient enfoncés;
calmé par la sueur (de quatre à six heures).
►
Afin de favoriser la sueur, il fléchit et étendit le bras aussi rapidement que possible; après
une minute, sueur abondante, avec
calor mordax
, mais au lieu
d'un soulagement, une telle faiblesse le saisit qu'il s'affaissa, épuisé; palpitations (au bout de
six heures).
SOMMEIL ET RÊVES.
►
Somnolent,
et dormit trois quarts d'heure (au bout de six heures et demie).
►
Redormit ensuite une heure et demie (au bout de onze heures).
►
Nuit sans sommeil (quatrième jour).
►
Au réveil, violente
brûlure dans la bouche et la gorge, chaleur dans l'estomac, sensation obtuse dans la tête; faible, fatigué, relâché
(au bout de sept heures).
MODALITÉS.
L'après-midi, mieux (troisième, quatrième et cinquième jours).
[80.]
►
La brûlure
de la bouche et de la gorge ravivée pendant quelques heures par les aliments chauds (quatrième jour).
►
Le café calma les symptômes (au bout de six heures).
SUPPLÉMENT : ACONITUM FEROX.
Autorité.
2
, C. D.
Schroff, article intitulé "An Extremely Dangerous Adulteration of jalap," Zeit.
des Allg. Apothek. Ver., 3, p. 173, 1865.
►
L'aconitine allemande (provenant d'Acon. napellus) provoque toujours
céphalée et douleur faciale, qui surviennent non seulement le jour de la pathogénésie, mais pendant les
semaines suivantes, et même durant une année entière après l'expérience; aggravées par toute
excitation consécutive à un effort mental ou par un trouble affectif; elle provoque en outre
un abattement moral, tant le jour de la pathogénésie que les jours suivants, une lourdeur plombée
de la tête, de la faiblesse, de la prostration et une diminution de la fréquence du pouls
persistant longtemps. La dyspnée et les fourmillements font entièrement défaut. Les symptômes ressentis
avec l'extrait de la racine d'Acon. ferox furent différents, à savoir que la céphalée et la
douleur faciale faisaient complètement défaut; l'activité mentale était considérablement accrue,
puis un état dépressif survint comme effet secondaire après quelque temps, et il était si marqué
qu'aucun travail mental, même le plus minime, ne pouvait être accompli. En outre, il y avait les symptômes suivants, particulièrement
marqués; dyspnée excessive, s'accompagnant d'un sentiment pénible d'angoisse;
sensation de fourmillements sur tout le corps; apparition de sueur accompagnée de
calor mordax; vertige à un haut degré et faiblesse musculaire; énorme accroissement de la diurèse;
goût brûlant extrêmement âcre; violente brûlure dans la bouche et la gorge malgré le fait que l'extrait
était enfermé dans une capsule; envie de vomir, et vomissements effectifs; diarrhée accompagnée
de douleur. Si petite que fût la dose d'Aconit anglais, elle était capable d'irriter toutes les parties
soumises à l'expérience. En l'approchant fréquemment du nez et en inspirant profondément, afin
d'en percevoir l'odeur de l'aconitine anglaise (Acon. ferox), il se produisit des éternuements fréquents et une
sensation pénible de forage dans le nez. Après quelques heures survinrent de violentes brûlures de la
langue, de la gorge et du palais, liées à une envie de tousser, et surtout des lèvres, où elles étaient particulièrement violentes lorsqu'on buvait quelque chose de chaud;
ces derniers symptômes furent observés le jour où je travaillais avec la drogue, sans que je l'eusse volontairement approchée
du nez ou des lèvres. Une fois, une parcelle pénétra dans l'œil; elle provoqua très rapidement un larmoiement profus,
une brûlure violente, tuméfaction et brûlure de la paupière supérieure,
photophobie, de sorte que je ne pouvais lire qu'au prix du plus grand effort, et fus bientôt contraint
d'abandonner toute tentative de regarder quoi que ce soit; les pupilles n'étaient pas notablement affectées;
les applications froides calmaient les symptômes, qui réapparaissaient dès qu'on retirait les applications;
j'étais donc contraint d'en poursuivre l'usage pendant plusieurs heures. Le lendemain la paupière supérieure
était rouge et quelque peu tuméfiée, et les conjonctives des paupières et du globe étaient également rouges,
la vision n'était pas altérée, et le troisième jour les symptômes avaient disparu,
[2]
.
Copyright © Médi-T
®
2000