Helleborus niger
par James Tyler Kent — Leçons de matière médicale homéopathique
Helleborus Niger - LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE par JAMES TYLER KENT, A.M., M.D.
LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE
Ancien professeur de matière médicale au
Hering College, Chicago.
Helleborus Niger
Cerveau et esprit :
dans toutes les affections d'Helleborus, la stupeur survient à un degré plus ou moins marqué. Parfois c'est un état stuporeux complet, parfois un état stuporeux partiel, mais c'est toujours de la stupeur et de la torpeur.
Helleborus est utile dans les affections du cerveau, de la moelle épinière, du système nerveux général et de l'esprit, mais surtout dans les maladies inflammatoires aiguës du cerveau et de la moelle épinière et de leurs membranes, ainsi que dans les troubles confinant à la folie. Il existe une sorte particulière d'imbécillité ou de stupeur du corps et de l'esprit.
L'état extrême est l'inconscience. Inconscience complète en rapport avec une congestion encéphalique, ou avec une inflammation ayant évolué vers l'hydrocéphalie, la méningite cérébro-spinale, ou l'inflammation du cerveau, avec stupeur.
Même au début de la maladie, Helleborus n'a pas la sauvagerie ni l'état délirant aigu que l'on trouve dans Stramonium et Belladonna. Il est passif. Il convient aussi après que la violence du délire a disparu et que le malade est tombé dans un état de stupeur. Le malade est couché sur le dos, les yeux à demi ouverts, roulant la tête, la bouche ouverte, la langue sèche, les yeux sans éclat, regardant dans le vide. Il fixe la personne qui parle. Il met longtemps à répondre, ou ne répond pas du tout.
Les accès violents d'affection cérébrale se terminent souvent brusquement, mais ceux qui sont plus passifs traînent en longueur, et c'est là qu'intervient Helleborus. Le cas Helleborus restera des semaines, et parfois des mois, dans cet état de stupeur, en s'émaciant graduellement.
Il est couché sur le dos, les membres repliés; il paraît pâle et maladif. Lorsqu'on l'interroge, il répond lentement. Le texte dit :
« Stupeur confinant à l'insensibilité. »
Une autre expression courante est :
« Diminution du pouvoir de l'esprit sur le corps. »
Les muscles n'agissent pas; ils n'obéissent pas à la volonté. C'est une sorte d'état paralytique, mais « stupeur » l'exprime mieux. Il ne peut former d'idées; ne peut fixer l'attention, ne peut concentrer l'esprit. Le malade paraît semi-idiot.
Le délire n'est pas fréquent, et quand il est présent il est marmottant. Il y a plus de stupeur, plus de « ne rien faire », plus de « ne rien dire », que de délire.
Pourtant il existe manifestement un état confusionnel; il ne peut penser. Dans bien des cas, très tard dans la maladie, le malade peut être tiré de cet état, et il agira comme s'il essayait de penser, comme s'il essayait de répondre, essayait de bouger. Mais il se contente de regarder le médecin, les yeux à demi ouverts, avec une expression hébétée sur le visage, et tripote le bout de ses doigts.
Lorsqu'on interroge le patient Helleborus, il n'est pas capable de vous dire ce qu'il a à l'esprit, à moins d'être considérablement réveillé et agité. Mais, lorsqu'il est ainsi réveillé, il parlera d'esprits, ou dira qu'il voit des diables. Il voit dans son imagination ces images dont il a lu la description, ou qu'il a vues représentées, du diable, avec cornes et queue. Un jeune sujet qui n'aurait jamais entendu parler du diable, ni des esprits, n'aurait pas cette forme d'hallucination dans son délire. Les hallucinations se façonnent conformément à ce qu'on lui a appris à imaginer.
Helleborus présente un état particulier, quasi hystérique, une forme de folie. Elle s'imagine avoir péché au point de perdre son jour de grâce. Comme Aurum, elle croit qu'elle agit mal, qu'elle commet un péché impardonnable. C'est ce qui rapproche le plus le remède de la folie,
« Une vieille femme, ayant été accusée de vol par les femmes de son entourage, en fut si profondément affectée qu'elle se pendit. Ce suicide produisit un tel effet sur les femmes du village que, l'une après l'autre, chacune s'accusa d'avoir causé la mort de la vieille femme. »
Enfant : Le type le plus remarquable dans Helleborus est l'enfant malade. Il se montre surtout chez les enfants de deux à dix ans. Le regard fixe, le décubitus dorsal et le regard avec les yeux à demi clos sont caractéristiques du remède. Parfois les lèvres remuent sans aucun son. Les lèvres bougent comme si l'enfant voulait dire quelque chose, mais, si l'on poursuit l'interrogatoire, les mots qu'il voulait prononcer sont perdus, oubliés.
Dans l'hydrocéphalie, il y a un cri aigu, le cri cérébral. L'enfant poussera des cris pendant le sommeil. Il porte la main à la tête et pousse des hurlements, comme Apis. Mais l'hydrocéphalie d'Apis est bien plus active et aiguë.
Le malade Apis rejette les couvertures; ce malade-ci ne se soucie pas des couvertures, il ne se soucie de rien. Il n'est pas facilement troublé. Il est couché sur le dos, les membres repliés; faisant souvent des mouvements automatiques des bras et des jambes. Parfois un côté est paralysé, mais l'autre continue les mouvements automatiques.
Helleborus est utile dans la forme basse de maladie connue sous le nom de « typhoïde apathique ». Les mêmes symptômes conduisent au remède. Indifférent à toutes les impressions extérieures.
Il est rarement beaucoup troublé par le toucher, par le fait d'être trop chaudement couvert, ou par le fait de n'être pas couvert du tout.
Il ne paraît sensible ni à la chaleur, ni au froid, ni aux piqûres, ni au maniement, ni au pincement. Apathie. Ce que le texte appelle « silence obstiné » est plutôt un silence apathique, une incapacité à parler. On dirait qu'il refuse de répondre, mais ce n'est pas cela; il ne sait pas comment répondre; il ne peut penser.
Idées fixes chez des personnes que l'on dit seulement un peu « dérangées », un peu bizarres. Et cette idée fixe persistera; il est inutile d'essayer de l'en faire démordre. La femme se met dans la tête qu'elle mourra à un certain jour, et rien ne peut lui sortir cela de l'esprit. Ce n'est pas comme Aconit, parce qu'il n'y a pas de peur de la mort.
Aconit a peur de la mort et fixe le moment de la mort. Idée fixe d'avoir commis quelque péché, qu'elle nommera et décrira parfois, ou ne fera peut-être qu'évoquer vaguement - mais c'est très réel pour elle,
Esprit 2 : Lorsqu'elle peut encore se lever et être là, la malade paraît triste, parce qu'elle reste assise et ne dit rien, et semble dans une humeur affligée. Mais il n'y a pas ces grandes lamentations, avec les allées et venues de long en large et les mains qu'on se tord, que nous trouvons dans Aurum.
C'est un état apathique; elle paraît triste et mélancolique, alors qu'en réalité elle pense peut-être peu. Toute tentative de consolation, tant que le malade est capable de penser, ne fait qu'aggraver le trouble. Comme Natrum muriaticum, les troubles sont aggravés par la consolation, mais les troubles de Natrum muriaticum ne ressemblent nullement à ceux-ci.
Si le patient Helleborus est capable de méditer sur ses symptômes, ils semblent s'améliorer.
Il existe parfois des mouvements convulsifs dans ce remède, mais ils sont plus volontiers automatiques. Des mouvements qui semblent n'avoir rien à voir avec la volonté. Il fait simplement des mouvements, comme quelqu'un qui bouge dans un état d'absence.
Le patient Helleborus est engourdi partout. Le sensorium tout entier est dans un état d'engourdissement, une stupeur, un émoussement de la sensibilité générale. Le texte dit :
« Vision non altérée. »
Néanmoins il voit imparfaitement; il ne prend pas en considération l'objet sur lequel son regard est fixé; c'est-à-dire que son champ visuel paraît correct, et pourtant, si on l'interroge un peu sur ce qu'il a vu, il n'en garde aucun souvenir; cela n'a fait aucune impression sur sa mémoire ni sur son esprit.
Vertige et tête :
Vertige, avec nausées et vomissements. Vertige en se baissant. Avec la stupeur générale, la tête roule et se jette de côté et d'autre. L'enfant est couché sur le dos et roule la tête d'un côté à l'autre. Les yeux sont à demi ouverts, et il enfonce continuellement l'occiput dans l'oreiller. Ceci est en partie inconscient et en partie destiné à soulager la traction dans les muscles de la nuque. Ces muscles continuent à se rétracter à mesure que la maladie progresse, comme dans la méningite cérébro-spinale, jusqu'à ce que la tête soit rejetée en arrière autant qu'elle peut l'être.
Il y a chaleur brûlante dans la tête; douleurs lancinantes; douleurs de pression dans la tête par congestion. Violente céphalée occipitale. Douleur sourde dans l'occiput; sensation d'engourdissement dans l'occiput. Sensation comme si l'occiput était en bois, avec plénitude, congestion et pression.
Les céphalées, les mouvements de la tête et l'aspect du visage sont ceux que l'on rencontre dans la congestion du cerveau. J'ai vu des enfants, après avoir traversé un premier stade modérément aigu mais plutôt passif, rester dans cet état hébété, ayant besoin d'Helleborus pendant des semaines avant de le recevoir.
Quand on le donna, la récupération commença; non pas instantanément, mais graduellement. Le remède agit lentement dans ces cas lents, opiniâtres, stupides, d'affections cérébrales et rachidiennes. Parfois, aucun changement apparent ne se montre avant le lendemain de l'administration du remède, voire la nuit suivante, quand surviennent une sueur, une diarrhée ou des vomissements - une réaction.
Il ne faut pas y toucher; aucun remède ne doit être donné. Ce sont des signes de réaction. Si l'enfant a assez de vitalité pour guérir, il guérira maintenant. Si l'on arrête les vomissements par n'importe quel remède capable de les arrêter, Helleborus sera antidoté. Laissez tranquilles les vomissements, ou la diarrhée, ou la sueur, et ils disparaîtront dans la journée.
L'enfant va se réchauffer et, en quelques jours, reviendra à la conscience; et alors que va-t-il se passer ? Imaginez seulement ces doigts, ces mains et ces membres engourdis, cette peau engourdie partout. Quelle serait la chose la plus naturelle à voir se développer comme preuve du réveil de cet enfant hébété ? Il vous faut le savoir.
Cela ne fait pas réellement partie de l'enseignement de la matière médicale homœopathique, mais il faut savoir à quoi s'attendre après avoir donné ce remède.
Observation clinique :
C'est une observation clinique que vous verrez - si vous voyez des cas d'Helleborus et des cas de Zincum.
Zincum est, si possible, encore plus profondément plongé qu'Helleborus dans ce terrible état de stupeur. Eh bien, les doigts de cet enfant vont commencer à fourmiller. À mesure qu'il revient à son état nerveux ordinaire, les doigts commencent à fourmiller, le nez et les oreilles fourmillent, et l'enfant se met à crier, à se rejeter d'avant en arrière et à rouler dans le lit. Les voisins entreront et diront,
« Je renverrais ce médecin à moins qu'il ne donne quelque chose pour aider cet enfant; »
mais soyez certain que, si vous le faites, vous aurez un bébé mort dans les vingt-quatre heures. Cet enfant guérit; laissez-le tranquille. Vous ne serez jamais capable de conduire un de ces cas si vous n'emmenez pas le père dans une pièce à part pour lui dire exactement comment le cas va se dérouler.
N'emmenez pas la mère; ne lui en dites pas un mot, à moins que ce ne soit une mère exceptionnellement excellente, parce que c'est son enfant, qu'elle est sensible, et qu'elle pleurera en entendant cet enfant pleurer; elle perdra la tête et insistera pour que le père vous mette à la porte.
Mais prenez le père à part d'avance et dites-lui ce qui va se passer; expliquez-le-lui de façon qu'il le voie par lui-même; et dites-lui que, si l'on ne permet pas à cela de se poursuivre, si l'on interfère avec le remède, il perdra son enfant.
Ce ne sont pas tant les atroces douleurs que le prurit, les picotements et la formication qui donnent l'apparence d'une agonie extrême. Parfois, dans toutes les parties du corps de l'enfant, il faut une semaine avant que tous ces symptômes ne disparaissent d'eux-mêmes; mais ils disparaîtront, si on les laisse tranquilles.
Tout cela vous rendra nerveux. Ne restez pas trop longtemps à observer le cas, car si vous le faites, vous changerez le remède. Je n'ai jamais entendu parler d'une seule guérison de ce genre entre les mains d'un médecin de l'ancienne école,
Le visage a un aspect très maladif; creusé, s'émaciant progressivement. Il a un aspect fuligineux, comme si de la suie s'était déposée dans les narines et aux coins des yeux. Vous direz que le malade va mourir. C'est fort probable sans Helleborus. Le remède convient à des types de cas que l'allopathe ne connaît pas et pour lesquels il n'a aucun remède.
Son pronostic est toujours défavorable. Le visage, bien entendu, exprime les symptômes mentaux. Front ridé, baigné de sueur froide. Pâleur du visage et chaleur de la tête. Secousses des muscles de la face.
Nous trouvons ce froncement des sourcils et ce plissement du front précisément dans ce genre d'affection cérébrale. Nous trouvons un plissement semblable chez Lycopodium, mais là l'affection siège dans les poumons. Dans ce remède, les narines sont dilatées et fuligineuses. Peu de battement des ailes du nez, mais une dilatation extrême. Les globes oculaires sont vitreux et les paupières collantes.
Il y a une soif violente dans ces fièvres, et une faim canine insolite. Les nausées et les vomissements sont sans caractère net. Au début de la pathogénésie, il y a diarrhée et dysenterie; avec selles copieuses, blanches, gélatineuses; selles constituées uniquement d'un mucus pâle et tenace. Puis survient une constipation paralytique, et ces cas cérébraux prostrés, émaciés, tels qu'ils ont été décrits, resteront couchés des jours sans selle, ni aucune action intestinale.
Après un jour ou deux, ils ne répondent même plus aux lavements. Petites selles dures et sèches. Là encore, quand la réaction vient, elle survient très communément avec une diarrhée, une sueur ou des vomissements; peut-être avec ces trois états à la fois.
L'urine est retenue ou supprimée; parfois elle s'écoule goutte à goutte, émise inconsciemment. Urine émise en jet faible; urine sanglante.
Le malade est couché sur le dos, les membres repliés; ou glisse au fond du lit. Grande faiblesse; grand relâchement; les muscles refusent d'agir. Convulsions des nourrissons. Épilepsie avec conservation de la conscience. Tétanos traumatique. Somnambulisme constant; on ne peut l'éveiller à une pleine conscience. Sommeil soporeux.
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Séror 2000
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