Aethusa cynapium
par James Tyler Kent — Leçons de matière médicale homéopathique
Aethusa Cynapium - LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE par JAMES TYLER KENT, A.M., M.D.
LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE
Ancien professeur de matière médicale au
Hering College, Chicago.
Aethusa Cynapium
Généralités
: Avant que
Aethusa
ne soit connu, une certaine catégorie de cas de choléra infantile, ainsi que de vomissements et de
diarhée chez les enfants, aboutissait toujours à la mort, parce qu'il n'existait aucun remède correspondant à
de cas aussi graves.
La mort est empreinte sur le visage dès le début, et s'il est dans la Matière médicale des
remèdes qui sauvent la vie, celui-ci en est un.
Il s'applique aux cas qui surviennent très brusquement, par temps chaud,
chez le nourrisson, avec prostration extrême.
La mère ne soupçonne pas que l'enfant est malade avant de le prendre hors du
berceau; quelques heures auparavant seulement il allait bien; mais lorsque le choléra infantile règne par temps
chaud, ce petit remplit son estomac de lait et, presque avant qu'il ait eu le temps de cailler ou de former des
grumeaux, le lait remonte, partie en grumeaux et partie liquide, et les vomissements s'accompagnent d'une
selle fluide, jaune verdâtre, glaireuse.
L'enfant a l'aspect de quelqu'un qui est à l'agonie, le visage hippocratique pâle;
il existe une pâleur blanchâtre bleuâtre autour des lèvres, les yeux sont enfoncés et il existe un creusement
autour du nez. La mère est stupéfaite et envoie chercher le médecin à la hâte. L'enfant tombe dans un sommeil
d'épuisement.
Il se réveille et remplit de nouveau son estomac de lait, qui remonte encore
en quelques minutes, partie caillé et partie liquide, et reviennent encore l'épuisement effroyable,
l'apparence cadavérique et le sommeil prolongé.
Sans
Aethusa
, en deux ou trois jours l'entrepreneur des pompes funèbres prend cet enfant.
C'est à peu près toute l'histoire d'Aethusa.
Il y a du délire, de l'excitation, des troubles mentaux de diverses
sortes, mais ils sont aigus et accompagnent les troubles cérébraux.
Une certaine catégorie de nourrissons tombe malade pendant les chaleurs,
durant les nuits chaudes, et présente des troubles cérébraux; à partir de ce moment, l'estomac cesse de
fonctionner, les intestins se relâchent, et tout ce qu'on met dans l'estomac est soit rejeté par vomissement,
soit traverse immédiatement.
Cela survient surtout chez les nourrissons que l'on a nourris comme la
mère ordinaire nourrit son bébé; et comment fait-elle?
Chaque fois qu'il pleure, elle le met au sein ou le nourrit. Eh bien,
réfléchissons un peu. Tout médecin devrait réfléchir un peu, de temps à autre. Méditez donc un instant pour
savoir si c'est une chose sage ou insensée à faire.
Il faut environ deux heures ou deux heures et demie à l'estomac du
nourrisson ordinaire pour accomplir correctement et sainement son travail de digestion du lait absorbé, et il
devrait avoir une demi-heure de repos environ; et lorsque l'on arrive à trois heures et que le bébé pleure,
alors il a probablement faim et prendra volontiers davantage en le digérant.
Tout intervalle d'alimentation plus court que cela est une mauvaise
pratique; ce serait exactement la même chose si l'enfant prenait une demi-tasse à thé de lait, le laissait se
partiellement digérer, puis, peu après, en reprenait un peu, et plus tard en ajoutait encore un peu.
Il commence à régurgiter sa nourriture, et celle-ci est acide; puis la
toute première période de chaleur qui survient amène les troubles cérébraux. Seuls les enfants les plus
robustes supporteront cette mauvaise méthode.
J'ai observé ces enfants et je les ai vus supporter cela jusqu'à l'été.
Le médecin doit s'imposer, et s'imposer avec énergie, en leur faisant voir qu'il parle sérieusement.
La vieille femme entre et dit:
"Ce médecin n'y connaît rien" et il faut nourrir le bébé.
Or
Aethusa
convient aux bébés nourris de façon inappropriée. Il vient en tête de la
liste des médicaments pour cet état; c'est-à-dire lorsque la digestion a absolument cessé du fait de troubles
cérébraux.
Estomac et digestion
:
Dans la mesure où les médecins très occupés ont reconnu l'indication de ce remède, c'est surtout chez
les bébés qu'on l'a rencontrée; mais les adultes prennent parfois eux aussi un état
Aethusa
, lorsque la digestion a absolument cessé par suite de troubles
cérébraux et d'excitation.
Il a guéri des dyspepsies dues au fait de manger sans cesse, chez ces
grignoteurs, ces affamés qui mangent toujours, grignotent toujours, gardent toujours des biscuits dans leurs
poches, jusqu'au moment où l'estomac cesse d'agir.
Il convient également aux cas d'indigestion dus aux troubles de la tête,
avec tête chaude, vomissements, épuisement, sueurs et long sommeil.
Convulsions
:
Aethusa
provoque des convulsions chez les enfants.
Parfois, le trouble cérébral n'affecte pas l'estomac, mais l'enfant
tombe dans des convulsions, avec mains moites, visage cadavérique, ainsi que sueurs, épuisement et sommeil.
"Convulsions, grande faiblesse et prostration, avec somnolence.
Assoupissement de l'enfant après vomissement et après la selle, avec convulsions."
Chez le patient
Aethusa
, il y a dans le visage et dans l'aspect général beaucoup de signes
qui indiquent le remède; tant de choses se voient et tombent sous l'observation, et si peu d'interrogatoire est
nécessaire, qu'une sorte de prescription d'un coup d'œil peut être faite, mais elle n'est pas à recommander.
Un médecin occupé, qui étudie réellement et véritablement sa Matière
médicale et en a appris les principes, fera avec le temps beaucoup de ce qui semble être une prescription d'un
coup d'œil; mais en réalité il ne le fait pas ainsi, parce qu'il assemble beaucoup de choses auxquelles les
profanes ne penseraient pas.
Aethusa
se montre alors à la surface, tandis que, dans beaucoup de remèdes, rien ne se voit à la surface,
parce qu'ils se manifestent par des sensations internes ou plus profondes.
Permettez-moi de vous exposer un cas pour illustrer cela. Par exemple,
emmenez déjeuner avec vous un gaillard d'apparence robuste, qui se déclare passablement bien portant.
Vous avez remarqué depuis quelque temps que le nez lui pèle sans cesse;
[fragment OCR incertain dans le texte source après cette proposition].
Il ne parle jamais de sa santé.
Bientôt, pendant que vous déjeunez, une porte claque et il sursaute.
Voilà le second point. Puis il vous dit combien il mange, combien cela lui réussit, combien il se sent bien
après avoir mangé, et vous avez vous-même remarqué qu'il mange beaucoup.
Vous ne lui avez pas dit un mot de sa santé. Vous ne lui avez pas demandé
de vous raconter des symptômes. Enfin vous poussez vers lui la carafe de lait, et il dit:
"Oh, je ne peux pas boire de lait; si j'en prends, cela me donne de la diarrhée; je
ne songe jamais à en prendre."
Qui ne pourrait pas prescrire pour ce gaillard sans même le faire entrer
au cabinet?
Qui songerait à autre chose que
Natrum carb
.
pour un tel cas?
Parfois, on
peut découvrir toute l'histoire en amenant un patient entêté
à venir dîner avec vous.
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Séror 2000
Mise en page Copyright © Sylvain Cazalet 2000