Digitalis Purpurea
par William Boericke — Manuel de matière médicale homéopathique et répertoire
DIGITALIS PURPUREA - MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE - Par William BOERICKE
MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE
DIGITALIS PURPUREA
Digitale pourprée
(DIGITALIS)
Intervient dans toutes les maladies où le cœur est primitivement atteint, lorsque le pouls est faible, irrégulier, intermittent, anormalement lent, avec hydropisie des parties externes et internes. Faiblesse et dilatation du myocarde. Sa plus grande indication est la défaillance de compensation, surtout lorsque la fibrillation auriculaire s'est installée. Pouls lent en décubitus, mais irrégulier et dicrote en position assise. Flutter et fibrillation auriculaires, surtout à la suite d'un rhumatisme articulaire aigu. Bloc cardiaque, pouls très lent. D'autres symptômes d'affection cardiaque organique, tels que grande faiblesse et défaillance des forces, lipothymie, froideur de la peau et respiration irrégulière; irritabilité cardiaque et troubles oculaires après le tabac; jaunisse due à l'induration et à l'hypertrophie du foie, appellent souvent Digitalis. Jaunisse avec affection cardiaque. Défaillance, comme si l'on allait mourir. Aspect bleuté du visage. Défaillance musculaire cardiaque quand l'asystolie est présente. Stimule le muscle cardiaque, augmente la force de la systole et en prolonge la durée. Prostration au moindre effort. Collapsus.
Mental.--Abattement; craintif; angoissé au sujet de l'avenir. Obtusion des sens. Chaque secousse frappe l'épigastre. Mélancolie, morne, léthargique, avec pouls lent.
Tête.--Vertige, en marchant et en se levant, dans les affections cardiaques et hépatiques. Douleur frontale aiguë, lancinante, s'étendant au nez, après avoir bu de l'eau froide ou mangé de la glace. Lourdeur de la tête, avec sensation qu'elle tomberait en arrière. Visage bleuté. État confusionnel, plénitude et bruit dans la tête. Bruits de craquement pendant un somme. Langue et lèvres bleutées.
Yeux.--Coloration bleuâtre des paupières. Corps sombres, comme des mouches, devant les yeux. Modification de l'acuité de perception des nuances de vert. Les objets paraissent verts et jaunes. Mydriase; bords palpébraux rouges, tuméfiés, agglutinés le matin. Décollement de la rétine. Vue trouble, pupilles irrégulières, diplopie.
Estomac.--Goût sucré avec ptyalisme constant. Nausées excessives, non calmées par le vomissement. Grande faiblesse à l'estomac. Brûlure d'estomac s'étendant à l'œsophage. Après eau froide ou glace, douleur aiguë au front, s'étendant au nez. Défaillance et vomissements par le mouvement. Malaise, même après une petite quantité de nourriture, ou à la seule vue ou odeur. Sensibilité douloureuse de la région épigastrique. Salivation abondante. Douleurs névralgiques de l'estomac, indépendantes de la prise d'aliments.
Abdomen.--Douleur du côté gauche, semblant siéger dans le côlon descendant et sous les fausses côtes. Douleurs abdominales sévères, battement de l'aorte abdominale et constriction épigastrique. Foie hypertrophié, sensible, douloureux.
Selles.--Selles blanches, crayeuses, cendreuses, pâteuses. Diarrhée pendant la jaunisse.
Urines.--Besoin persistant d'uriner, émission goutte à goutte d'une urine foncée, chaude, brûlante, avec douleur coupante aiguë ou battante au col de la vessie, comme si une paille y était poussée d'avant en arrière; pire la nuit. Suppression d'urine. Urines ammoniacales et troubles. Urétrite, phimosis, strangurie. Sensation de plénitude après la miction. Constriction et brûlure, comme si l'urètre était trop étroit. Sédiment en poussière de brique.
Femme.--Douleurs semblables à celles de l'accouchement dans l'abdomen et le dos avant les règles. Hémorragie utérine.
Homme.--Émission nocturne (Digitalin), avec grande faiblesse des organes génitaux après le coït. Hydrocèle; bourses distendues comme une vessie. Gonorrhée, balanite (Merc), avec œdème du prépuce. Tuméfaction hydropique des organes génitaux (Sulph). Prostate hypertrophiée.
Appareil respiratoire.--Besoin de prendre une profonde inspiration. Respiration irrégulière, difficile; soupirs profonds. Toux, avec sensation d'écorchure et de douleur dans la poitrine. Expectoration douceâtre. Pneumonie sénile. Grande faiblesse dans la poitrine. Dyspnée, désir constant de respirer profondément; les poumons semblent comprimés. Bronchite chronique; congestion passive des poumons, donnant des crachats sanguinolents par défaillance du myocarde. Ne peut supporter de parler. Hémoptysie avec faiblesse du cœur.
Cœur.--Le moindre mouvement provoque de violentes palpitations, avec sensation que le cœur cesserait de battre s'il bougeait (Opposite; Gels). Points fréquents dans la région du cœur. Irrégularité cardiaque, surtout dans les affections mitrales. Pouls très lent. Intermittent; faible. Cyanose. Inégalité du pouls; il varie. Sensation soudaine comme si le cœur s'arrêtait. Pouls faible, accéléré par le moindre mouvement. Péricardite, exsudation séreuse abondante. Cœur dilaté, fatigué, irrégulier, avec pouls lent et faible. Hypertrophie avec dilatation. Défaillance cardiaque à la suite de fièvres. Hydropisie cardiaque.
Extrémités.--Gonflement des pieds. Les doigts s'engourdissent facilement. Froideur des mains et des pieds. Douleurs rhumatismales dans les articulations. Gonflement blanc, luisant, des articulations. Débilité musculaire. Gonflement nocturne des doigts. Sensation dans les jambes comme si un fil de fer rougi au rouge les traversait brusquement (Dudgeon).
Sommeil.--Se réveille en sursaut, alarmé, avec l'impression de tomber d'une hauteur. Somnolence continue.
Fièvre.--Bouffées soudaines de chaleur, suivies d'une grande faiblesse nerveuse.
Peau.--Érythème rouge foncé, plus marqué au dos, comme la rougeole. Veines bleues distendues sur les paupières, les oreilles, les lèvres et la langue. Hydropique. Démangeaisons et ictère.
Modalités.--Aggravation en position assise bien droite, après les repas et par la musique. Amélioration quand l'estomac est vide; au grand air.
Relations.--Contre-remèdes: Camph; Serpentaria. Incompatible: China. Comparer: Nerium odorum (ressemble à Digitalis par ses effets cardiaques, mais a aussi une action, comme Strychnia, sur la moelle épinière. Les spasmes paraissent davantage dans la partie supérieure du corps. Palpitations; un cœur faible en sera fortifié. Trismus). Adonia; Cratægus (un véritable tonique cardiaque); Kalmia; Spigel; Liatris; Comparer aussi; Digitoxinum (Digitalis dissoute dans le chloroforme; avec vision jaune très prononcée et nausées pénibles, aggravées par le champagne et les eaux gazeuses). Nitri spir dulc augmente l'action de Digit. Ichthyotoxin. Sérum d'anguille (Les expériences montrent une grande analogie entre le sérum et le venin de vipère. Indiqué chaque fois que la systole du cœur est insuffisante, dans les valvulopathies décompensées, avec pouls irrégulier dû à la fibrillation de l'oreillette. Asystolie, pouls faible, fréquent, irrégulier, dyspnée et urine peu abondante. Foie hypertrophié, dyspnée, albuminurie. Pas d'œdème). Convallaria (affection cardiaque avec vertige et troubles digestifs). Quinidin - composé méthoxylique isomérique.--(Rétablit le rythme normal dans la fibrillation auriculaire, complète souvent l'action de Digitalis. Deux doses de 3 grains chacune, à trois heures d'intervalle - si aucun symptôme de cinchonisme n'apparaît, 4 doses de 6 gr chacune par jour (C. Harlan Wells). Tachycardie paroxystique. Établit au moins temporairement le rythme cardiaque normal, moins dans les lésions valvulaires).
Dose.--La troisième à la trentième dilution provoquera une réaction lorsque le médicament est homéopathiquement indiqué; mais, à des fins palliatives, la posologie physiologique est nécessaire. Pour cela, on emploie la teinture préparée à partir de la plante fraîche, à la dose de cinq à vingt gouttes, lorsque la stimulation cardiaque est désirée, ou bien l'infusion à 1 1/2 pour cent. Dose, une demi-once à une once si l'on recherche l'action diurétique. La teinture peut être donnée sur du sucre ou du pain, et aucun liquide ne doit être pris pendant les vingt minutes qui précèdent ou suivent son administration. Des feuilles pulvérisées, 1/2 à 2 grains en capsules. Digitoxine 1/250 de grain. Quelle que soit la forme de digitale administrée, la dose doit être réduite dès que la fréquence du pouls a été abaissée à 80 battements par minute et que le rythme normal a été partiellement ou complètement rétabli. Dans ces conditions, une bonne règle est de réduire la dose de moitié, et davantage encore s'il survient une chute brusque du débit urinaire.
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