Conium Maculatum
par William Boericke — Manuel de matière médicale homéopathique et répertoire
CONIUM MACULATUM - MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE - Par William BOERICKE
MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE
CONIUM MACULATUM
Ciguë tachetée
(CONIUM)
Ancien remède, devenu classique par la description saisissante que Platon a donnée de son emploi dans la mort de Socrate. La paralysie montante qu'il produit, aboutissant à la mort par défaillance de la respiration, montre la tendance ultime de nombreux symptômes observés dans les pathogénésies, pour lesquels Conium est un excellent remède, tels que démarche difficile, tremblements, perte subite des forces en marchant, raideur douloureuse des jambes, etc. Un tel état se rencontre souvent dans la vieillesse, époque de faiblesse, de langueur, de congestions locales et de torpeur. C'est le terrain particulier sur lequel Conium choisit de manifester son action. Il correspond à la débilité, à l'hypochondrie, aux troubles urinaires, à l'affaiblissement de la mémoire, à la faiblesse sexuelle qu'on y rencontre. Troubles de la ménopause, chez les personnes âgées et les célibataires. La croissance des tumeurs l'appelle également. Sensation générale comme si l'on avait été meurtri par des coups. Grande débilité le matin au lit.
Faiblesse du corps et de l'esprit, tremblements et palpitations. Diathèse cancéreuse. Artériosclérose. Carie du sternum. Glandes hypertrophiées. Agit sur le système glandulaire, qu'il engorge et indure, en en altérant la structure comme dans les affections scrofuleuses et cancéreuses. Tonique après la grippe. Insomnie des polynévrites.
Mental.--
L'excitation provoque une dépression psychique. Déprimé, timide, rétif à la société, et craint d'être seul. N'a aucun goût pour les affaires ou l'étude; ne s'intéresse à rien. Mémoire faible; incapable de soutenir le moindre effort mental.
Tête.--
Vertige, en étant couché, et en se retournant dans le lit, en tournant la tête de côté, ou en tournant les yeux; aggravé par le secouement de la tête, le moindre bruit ou la conversation d'autrui, surtout vers la gauche. Mal de tête stupéfiant, avec nausées et vomissement de mucus, avec sensation comme d'un corps étranger sous le crâne. Sensation de brûlé au sommet. Serrement comme si les deux tempes étaient comprimées; aggravé après un repas. (Gels.; Atropine.) Douleurs contusives unilatérales. Douleur sourde occipitale en se levant le matin.
Yeux.--
Photophobie et larmoiement excessif. Pustules de la cornée. Vue trouble; aggravée par la lumière artificielle. À la fermeture des yeux, il transpire. Paralysie des muscles oculaires. (Caust.)
Dans les inflammations de surface, comme dans la conjonctivite phlycténulaire et la kératite.
La moindre ulcération ou excoriation provoque la photophobie la plus intense.
Oreilles.--
Ouïe diminuée; écoulement de l'oreille sanguinolent.
Nez.--
Saigne facilement; devient sensible. Polype.
Estomac.--
Sensibilité douloureuse à la racine de la langue. Terribles nausées, brûlures d'estomac âcres et éructations acides; aggravation en se couchant. Spasmes douloureux de l'estomac.
Amélioration en mangeant et aggravation quelques heures après les repas; acidité et brûlure; point douloureux au niveau du sternum.
Abdomen.--
Douleur sévère et endolorie dans la région du foie et autour. Jaunisse chronique, et douleurs de l'hypochondre droit. Sensibilité, sensation contusive, tuméfaction, douleurs comme par coup de couteau. Serrement douloureux.
Selles.--
Envies fréquentes; selles dures, avec ténesme.
Faiblesse tremblante après chaque selle. (Verat.; Ars.; Arg. n.) Chaleur et brûlure dans le rectum pendant la selle.
Urines.--
Grande difficulté pour uriner.
L'urine coule puis s'arrête de nouveau. (Ledum.)
Émission interrompue. (Clematis.)
Écoulement goutte à goutte chez les vieillards. (Copaiva.)
Homme.--
Désir accru; puissance diminuée. Nervosité sexuelle, avec érection faible.
Effets d'un appétit sexuel réprimé.
Testicules durs et hypertrophiés.
Femme.--
Dysménorrhée, avec tiraillement vers le bas dans les cuisses. Seins flasques et atrophiés, durs, douloureux au toucher.
Élancements dans les mamelons. Besoin de comprimer fortement le sein avec la main.
Menstruations tardives et peu abondantes; parties sensibles.
Les seins augmentent de volume et deviennent douloureux avant et pendant les menstruations. (Calc. c.; Lac can.) Éruption avant les menstruations. Démangeaison autour de la vulve. Conception difficile. Induration de l'orifice utérin et du col. Ovarite; ovaire hypertrophié, induré; douleur lancinante. Suites fâcheuses du désir sexuel réprimé ou des menstruations supprimées, ou des excès sexuels. Leucorrhée après la miction.
Respiratoire.--
Toux sèche, presque continue, quinteuse; aggravée le soir et la nuit; causée par un point sec dans le larynx avec démangeaison dans la poitrine et la gorge, en étant couché, en parlant ou en riant, et pendant la grossesse. Expectoration seulement après une toux prolongée. Essoufflement au moindre exercice; respiration oppressée, constriction de la poitrine; douleurs de poitrine.
Dos.--
Douleur dorsale entre les épaules. Suites de contusions et de secousses de la colonne vertébrale. Coccygodynie. Douleur sourde endolorie dans les régions lombaire et sacrée.
Extrémités.--
Lourdes, lasses, paralysées; tremblements; mains mal assurées; doigts et orteils engourdis.
Faiblesse musculaire, surtout des membres inférieurs.
Sueur des mains. Mettre les pieds sur une chaise soulage la douleur.
Peau.--
Douleur des glandes axillaires, avec sensation d'engourdissement descendant le long du bras. Induration après contusions. Peau jaune, avec éruption papuleuse; ongles des doigts jaunes.
Glandes hypertrophiées et indurées, y compris les mésentériques. Élancements fugitifs à travers les glandes. Tumeurs, douleurs perçantes; aggravées la nuit. Ulcères chroniques avec écoulement nauséabond.
Sueur dès qu'on s'endort, ou même à la fermeture des yeux. Sueurs nocturnes et matinales, d'odeur fétide, avec cuisson de la peau.
Modalités.--
Aggravation en étant couché, en se tournant ou en se levant dans le lit; par le célibat; avant et pendant les menstruations, par le refroidissement, par l'effort corporel ou mental.
Amélioration à jeun, dans l'obscurité, en laissant pendre les membres, par le mouvement et la pression.
Relations.--
Comparer:
Scirrhinum - nosode du cancer - (diathèse cancéreuse; glandes hypertrophiées; cancer du sein; vers);
Baryt.; Hydrast.; Iod.; Kali phos.; Hyos.; Curare.
Dose.--
Mieux aux hautes dynamisations administrées rarement, surtout pour les excroissances, les états parétiques, etc. Sinon, de la sixième à la trentième.
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